Communiqué de presse du mercredi 19 juin 2024
Le Conseil fédéral réduit ainsi la redevance médiatique pour la troisième fois en quelques années. Les ménages privés ne paieront bientôt plus que 300 francs au lieu de 335. Pour l’Alliance Pro Médias Diversifiés, une chose est claire : « Avec cette décision, le Conseil fédéral porte gravement préjudice à la SSR. » Après le dernier train de mesures d’économie de 100 millions de francs, l’entreprise médiatique publique perdra ainsi jusqu’à 240 millions supplémentaires par an. Cela déstabilise la SSR, qui propose une large offre dans les quatre langues nationales. Il est imprudent « d’affaiblir considérablement l’entreprise médiatique publique à une époque marquée par la désinformation et les fausses nouvelles ». L’attaque destructrice de l’initiative visant à réduire de moitié la redevance porte déjà ses fruits.
L’alliance souligne que la décision du Conseil fédéral passe outre les positions unanimes des commissions compétentes du Conseil national et du Conseil des États. Celles-ci ont fait valoir qu’une nouvelle concession devait d’abord définir l’offre de la SSR, tandis que le montant de la redevance serait fixé à la fin. En outre, le Conseil fédéral ignore qu’une nette majorité des quelque 440 réponses à la consultation étaient opposées à une baisse des redevances. « Sur le plan politique, il est tout à fait discutable d’ignorer, par exemple, les cantons et les associations sportives », estime l’alliance Pro Medienvielfalt.
Pour l’Alliance pour la diversité des médias, concentrer l’offre de la SSR sur l’information et la culture n’est pas la bonne solution. Si les domaines du divertissement et du sport étaient supprimés, les émissions d’information et culturelles perdraient également beaucoup de leur audience. La spirale descendante continuerait ainsi de tourner. La pérennité des studios dans les régions serait notamment menacée. « Si ceux-ci venaient à fermer, ce sont notamment les acteurs qui sont aujourd’hui favorables à une baisse des redevances qui protesteraient haut et fort », déclare l’alliance.
Réduire les redevances en pleine crise médiatique est préjudiciable à la Suisse. La SSR n’est pas responsable du fait que 2 milliards de francs suisses provenant de la publicité en Suisse sont désormais versés chaque année à des géants technologiques tels que Google et Meta. « Si la SSR est affaiblie, les médias privés n’en sortiront pas gagnants, bien au contraire. »
L’alliance Pro Medienvielfalt a été fondée début 2022. Elle constitue un rempart contre l’initiative visant à réduire de moitié les redevances. Elle compte actuellement 3000 membres individuels. Sa coprésidence est assurée par 40 personnalités issues de la politique, de la culture, des médias et de la société civile. Elle compte également des organisations telles que Suisseculture ou IG Volkskultur, qui représente environ 400 000 membres actifs, du lutteur au yodleur.